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Père
Avec « Père » d’August Strindberg, la troupe Guetali nous déroule sont théâtre pas si amateur qu’il n’y paraît.
Belle soirée ce jeudi 4
novembre au Centre Culturel Lucet Langenier.
En accueillant la Compagnie Guetali, cette salle offrait aux amateurs de théâtre l’occasion de découvrir l’univers d’August Strindberg. Le plus célèbre des auteurs suédois était à l’honneur, servi admirablement par des acteurs qu’il faut tous citer.
Le couple principal, magnifique et diabolique est incarné sans faiblesse par Nicolette Zitte et Michel Tortay.
Comment ne pas aimer ces personnages ? Comment ne pas trembler devant la mort possible de cet homme ? Comment ne pas admirer la force de cette femme traçant sa vie comme un bateau trace sa route dans la tempête ?
Comment ne pas revivre son enfance et revoir des images de sa grand-mère face à cette nourrice hors du temps si bien servie par Béatrice Nas ?
Nous aimons ce pasteur (Michel Nicolas) dont la foi se heurte aux réalités quotidiennes, et ce Docteur (Christophe Personnettaz), que l’on transforme en auxiliaire de justice, alors qu’il ne souhaiterait faire que de la médecine.
Et nous aimons, bien sûr, cette jeune fille qui doit trouver sa voie dans ce monde si compliqué, et qu’incarne avec fraicheur Mathilde Bénard.
« Père » est un grand texte de théâtre. On rit, on sourit, puis l’on réfléchit et on sort de la salle heureux d’avoir partager un moment d’intelligence et de bonheur avec les comédiens et les autres spectateurs.
Une anecdote pour finir. La billetterie n’était pas assurée au Centre Culturel. Le spectacle était donc gratuit. Comme la salle était pleine, c’est un beau cadeau que nous a offert la Municipalité de Saint-Pierre. Juste de quoi donner des regrets à ceux qui ont préféré rester devant leur téléviseur…
L’histoire :
Un homme, une femme, leur fille, la belle mère, un frère… Une famille donc !
Bien sûr, il y a les scènes de ménage, les scènes de tendresse, la vie !
Cela commence comme un vaudeville, puis Strindberg en décide autrement et analyse ce qui différencie fondamentalement l’homme de la femme : La maternité.
Pour lui l’égalité dogmatique des sexes est illusoire, pire : Duperie.
Jusqu’où peut aller une femme pour faire triompher sa volonté ?
En quoi l’homme, bardé de certitudes est-il une proie aveugle et sourde ?
Dans la guerre des sexes qui se livre, il suffira que la femme, Laura sème le doute sur la paternité du mari pour que…
La chute est réservée aux spectateurs !
« Père », d’August Strindberg, par la Compagnie Guetali. Prochaine représentation, jeudi 25 novembre, au Centre Culturel Lucet Langenier, Saint-Pierre.
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